Écouter — Never Say Die Vol. 7 · Mixed by SKisM
Le label qui a construit une époque
Il y a des labels qui ferment sans faire de bruit. Never Say Die Records, lui, choisit de partir avec une claque. Pas de communiqué corporate, pas de bilan chiffré — juste SKisM derrière les platines, une heure et demie de sélection, et une phrase qui pèse une tonne : "This is the last Never Say Die mix."
Fondé en 2011 par SKisM — Josh Hubbard pour l'état civil, ingénieur de la rupture pour l'histoire de la bass music — Never Say Die a mis sur orbite une génération entière. Zomboy, Eptic, Space Laces, Trampa, Badklaat, Habstrakt, Krimer, Midnight T. Des noms qui n'avaient pas besoin d'un major pour traverser les soundsystems du monde entier. Des artistes qui ont défini ce que "bass music" signifiait entre 2012 et 2020.
La série Never Say Die Showcase a toujours fonctionné comme un baromètre — six volumes traçant l'évolution du roster, du dubstep d'entrée de jeu jusqu'aux torsions riddim et bass house. Le Vol. 7 est différent. SKisM l'a conçu comme deux sets de 45 minutes — "stitched together by a shared theme of legacy" — une façon de boucler quinze ans en une seule respiration.
"I wanted to revisit the classics and include the best of everything since Vol. 6 to complete the set. Knowing this would be the last one, I also tried to shout out as many artists as possible while still keeping it listenable." — SKisM
Ce qu'on entend dans les 100 tracks
La première moitié tape dans les fondations avec une efficacité chirurgicale. Zomboy ouvre dès le début avec Resurrected (2015) puis Like A Bitch (2016), des tracks qui faisaient trembler les salles quand le label était à son apogée. Megalodon & Antiserum avec Platinum (2013), Habstrakt sur Hello (2015), Eptic avec Swords & Dragons (2016), Krimer sur Takeover (2016). SKisM y glisse aussi son propre Rave Review dans un remix de Dodge & Fuski daté de 2012, l'une des premières releases du catalogue. Un retour aux sources presque douloureux.
Le deuxième acte pousse vers l'avant. Space Laces occupe une place démesurée — et méritée — sur l'ensemble du set : Yoink, Cruise Control, Dominate VIP, Born Losers, Soul Crush (2025), Disco Bloodbath. C'est probablement l'artiste le plus représenté de toute la compilation. Must Die!, Trampa, Effin, Oddprophet, Subtronics & MVRDA, Ray Volpe, Kompany & Wooli, Svdden Death, Nitepunk, Moody Good, Akeos, Soltan — c'est un répertoire de bass music underground quasi-exhaustif. Le track 100 ferme le set : Flux Pavilion & The Freestylers sur Cracks Begin To Show (2026). Un choix de clôture qui ne doit rien au hasard.
Les "XXXX" — ce qui ne sortira plus jamais
Ce qui rend ce mix véritablement précieux, c'est ce qu'il contient en creux. Une partie conséquente de la tracklist est masquée — artistes anonymisés sous des "XXXX", titres inconnus, quasi-tous datés de 2026. Ce ne sont pas des placeholders : SKisM a voulu glisser un maximum d'artistes en sachant que c'était la dernière occasion. Ces morceaux n'ont pas de catalogue, pas de référence label. Ils ne sortiront pas.
Quelques bribes remontent pourtant : Must Die! x Akeos x Skream sur un LOL OK (ID RMX), Svdden Death & Subtronics sur Surrender (ID RMX), Zomboy sur Fallout (ID RMX), Habstrakt & Badjokes sur Right Here (ID RMX). Des identités partiellement confirmées, des tracks hors catalogue officiel — des exclusivités enfermées pour toujours dans une heure trente de bruit organisé. C'est dans ce mix ou nulle part, et c'est exactement ce que SKisM a voulu.
Un adieu qui refuse d'être triste
Never Say Die Records n'est peut-être pas mort. Mais cette série, elle, est terminée — et SKisM n'a pas fait les choses à moitié. Le Vol. 7 ne cherche pas à être le meilleur mix de la série. Il cherche à être le plus complet, le plus généreux, le plus honnête. Pour ceux qui ont grandi sur ces sons entre 2013 et 2020, c'est une heure et demie de mémoire collective compressée. Pour les autres, c'est une introduction brutale et nécessaire à tout ce qui a compté dans la bass music underground de la dernière décennie.
On repassera Zomboy — Game Time (2011), le tout premier catalogue du label. On se souviendra des soirées où Eptic — Hard Knock faisait bouger des murs entiers. Et quelque part entre le track 51 et le track 99, on réalisera que ce label nous manquait — même quand il était encore là.
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