The Prodigy @ SonarClub, Sónar 2026 — Fira Gran Via, Barcelone

The Prodigy @ SonarClub — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

2 jours

vendredi & samedi

12 sets

vus en live

1ère

accréditation presse PnP

Maz en set à SonarVillage, Sónar 2026

Maz @ SonarVillage — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

La Fira Gran Via est taillée pour ce genre d'événement. Un complexe de hangars reconvertis, immense, qui avale cinq scènes simultanées sans jamais perdre en cohérence. On pose les bagages à Barcelone avec le bracelet presse au poignet. On y croit à moitié. Première accréditation. Premier festival sous la bannière PnP. On ne va pas faire semblant que c'est anodin.

Premier arrêt au SonarVillage by Estrella Damm : Maz, DJ brésilien, de 18h35 à 20h05. On ne connaissait pas le nom, mais c'est exactement le genre de découverte que Sónar sait provoquer. De l'afrohouse groovy et dansante, calibrée pour un dancefloor qui se remplit tranquillement en fin d'après-midi. Une belle entrée en matière.

Daito Manabe ouvre les hostilités côté SonarComplex avec une performance audiovisuelle qui donne immédiatement le ton de ce que Sónar sait faire et que peu de festivals tentent. L'artiste japonais fait exister la donnée sous forme physique : des systèmes qui pulsent, des corps d'artistes traversés par des courants électriques à la milliseconde près, de la technologie au service d'une expérience sensorielle totale. Cerebral, perturbant, impossible à détourner le regard.

Daito Manabe en performance audiovisuelle au SonarComplex, Sónar 2026

Daito Manabe @ SonarComplex — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

Kelis sur la SonarStage confirme son statut d'icône sans effort apparent. Plus de vingt ans après Milkshake et encore là, avec la même autorité, la même façon d'occuper une scène comme si elle lui avait toujours appartenu. La voir dans un festival de musique électronique en 2026 n'a rien de paradoxal : elle a toujours été au-dessus des cases dans lesquelles on essaie de la faire rentrer.

Et puis vient le moment qui a tout changé. RIRIA au SonarLab x Rinse. On connaissait les mixes, les sets à Londres, les connexions avec l'orbite Rinse FM. Mais en live, dans ce contexte, sur cette scène en plein air, c'est autre chose.

RIRIA n'a pas fait un set. Elle a pris le contrôle du SonarLab à la deuxième minute et ne l'a plus lâché jusqu'à la dernière seconde.

RIRIA en performance au SonarLab x Rinse, Sónar 2026

RIRIA @ SonarLab x Rinse — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

Selecta chirurgicale. Energie scénique qui déborde sans jamais forcer. Et cette capacité rare à lire un dancefloor et y répondre avant même qu'il formule la demande. Le public était sien dès les premières minutes. Une performance qui restera longtemps dans la mémoire de ceux qui y étaient. Retenez ce nom.

Une note au passage sur l'absence de Goldie : blessure au bras, le pionnier de la drum'n'bass ne pouvait pas honorer son b2b avec Doc Scott au SonarLab x Rinse. Une belle affiche qui n'aura pas eu lieu. On lui souhaite un prompt rétablissement.

Skepta s'impose sur la grande scène avec l'évidence tranquille de quelqu'un qui n'a rien à prouver mais continue quand même, parce que c'est comme ça que tu restes pertinent après deux décennies. Nia Archives confirme une trajectoire qui n'a rien d'accidentel : présence magnétique, sélection affutée, une identité musicale qui traverse les formats.

Vient le tour de Sammy Virji, de 1h45 à 3h15. Impeccable. La façon qu'il a de construire un set d'une heure trente sans que la tension ne retombe une seule fois, en alternant ses propres productions et des edits qu'on n'avait encore jamais entendus nulle part. Le climax de la nuit, alors qu'il reste encore une douzaine d'artistes à enchaîner jusqu'à 7h du matin.

Anecdote : ma casquette "It's Virji Isn't it?" avait trouvé son utilité. Le lendemain, pendant le set de Nimino, quelqu'un nous interpelle. Il a repéré le merch. Lui porte un t-shirt Sammy Virji. Deux personnes qui aiment les mêmes artistes, dans le même endroit, au même moment. C'est aussi le Sónar festival, finalement !

Sammy Virji en set à SonarVillage — Sónar 2026, Barcelone

Sammy Virji @ SonarVillage — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

Nimino en ouverture de journée. Ce set, on l'attendait depuis longtemps. Cette house music qui a de la mémoire, des textures qui racontent quelque chose, une façon de construire un set comme une conversation plutôt qu'un assaut. Le SonarVillage s'est rempli progressivement et chaque transition répondait exactement à ce que la foule cherchait sans pouvoir le formuler. C'était exactement ce qu'on espérait. Et un peu plus.

Un mot pour l'équipe des accréditations presse de Sónar : on est profondément reconnaissants de la confiance accordée à Phat & Phurious par l'équipe presse internationale. Ça représente énormément pour nous, un vrai jalon pour le projet. Et voir tous ces artistes qu'on apprécie tant, dans ce contexte, n'existe que grâce à cette confiance.

Nimino en set au SonarVillage, Sónar 2026

Nimino @ SonarVillage — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

Carlita prend la suite avec une montée en température progressive, cette house mélancolique et organique qui lui est propre. Elle partage la même maison que Nimino : Ninjatune, un label qu'on affectionne particulièrement chez PnP et une référence historique de l'électronique indépendante. On la retrouvera d'ailleurs plus tard sur cette même scène, à la basse cette fois, aux côtés de WhoMadeWho (live) à 23h15.

Il y a des artistes qui appartiennent à ta jeunesse. Pas ceux que tu as découverts avec tes parents ou tes grands frères : ceux que tu as trouvés toi-même, dans ta chambre, sur une cassette d'un pote ou une compilation gravée. The Prodigy fait partie de ceux-là pour beaucoup d'entre nous. Les voir en headliner à Sónar 2026, c'est un privilège.

Firestarter. Breathe. Smack My Bitch Up. Les basses tombent et vingt ans d'adolescence remontent d'un coup. La salle ne chante pas, elle hurle.

The Prodigy en headliner @ SonarClub, Sónar 2026

The Prodigy @ SonarClub — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

Ouverture sur Omen, notre morceau préféré du groupe : la meilleure entrée en matière possible. The Prodigy sans Keith Flint était une question ouverte. La réponse live est définitive : le groupe reste une machine de guerre. La production scénique écrase tout, les basses prennent le corps physiquement, et la salle ne lâche rien pendant toute la durée du set. Rappels jusqu'à Out of Space pour refermer la boucle. Un moment historique. Un retour aux années lycée que personne n'avait planifié mais que tout le monde attendait.

The Prodigy, chanteur et bassiste @ SonarClub, Sónar 2026
Le bassiste de The Prodigy @ SonarClub, Sónar 2026
Maxim de The Prodigy @ SonarClub, Sónar 2026

The Prodigy @ SonarClub — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM

Dom Dolla, dont l'énergie scénique est une classe à part, transforme son slot en véritable événement. San Frandisco, plus de 100 millions de streams et toujours aussi efficace, tombe et met tout le monde d'accord en une poignée de secondes : cette tech house ronde et charnue qu'on affectionne particulièrement chez PnP, celle qui prend le corps avant même de demander l'avis de la tête. Impossible de rester statique. Joy Orbison prend ensuite le relais. Initié à la scène londonienne par son oncle, le pionnier jungle Ray Keith, excusez du peu. Cet héritage s'entend directement dans son set : garage, techno, house et breakbeat hardcore qui se percutent sans jamais se marcher dessus. Une lecture dense, référencée, jamais prévisible. Et pour refermer la nuit, Amélie Lens presents AURA. Pas qu'un nom de tournée : un concept scénique entier, où les jeux d'ombre et de lumière comptent autant que le son. Format plus sombre, plus industriel, aux antipodes d'un set Amélie Lens classique, et premier aperçu d'un album du même nom attendu à la rentrée. C'est précisément pour ça que c'est intéressant.

Ce qui reste après deux jours, en dehors des sets : la fluidité logistique. Entrées rapides et bien gérées, personnel compétent et souriant du premier badge de sécurité au dernier staff de scène. Infrastructure pensée pour tenir sur la durée : coin chill bien placé, autotamponneuses entre les sets parce que pourquoi pas, points d'eau potable gratuits disséminés un peu partout sur le site, food trucks nichés au cœur des scènes avec une variété culinaire qui ne déçoit jamais, prix des boissons raisonnables pour un festival de cette envergure, son calibré avec soin sur toutes les scènes y compris les plus petites. La scénographie lumière élève chaque set sans l'écraser. Tout est pensé pour qu'on profite à fond du festival.

Sónar 2026 confirme ce que le festival construit depuis trente ans : un cadre dans lequel la musique peut vraiment compter. On reviendra l'an prochain sans hésiter !

The Prodigy @ SonarClub, Sónar 2026 — visuels et flammes

The Prodigy @ SonarClub — Sónar 2026 · Photo : Phat & Phurious FM